Des sucs à perte de vue
N’était-elle pas chanceuse la béate de la maison d’assemblée de Raffy qui
admirait chaque matin depuis sa fenêtre l’étonnant spectacle des sucs perçant au petit matin la mer de brume au-dessus de la vallée de Combenoire ?
Ici, les forêts de résineux sont prépondérantes ; elles recouvrent la plupart des
sommets et des flancs des volcans éteints tandis qu’en fond de combe se déploie encore une mosaïque de petites parcelles agricoles bordées de murettes de pierres sèches ou de bouquet d’arbres (hêtre, frêne, alisier). Elles nuancent la palette des couleurs du paysage. L’écrin de verdure forestier côtoie également la toison grisonnante des nombreuses « rivières de pierres », héritées de
la dernière période glaciaire, qui jalonnent çà et là les versants des sucs. Ces éboulis de blocs phonolitiques ont fourni les lauzes utilisées pour coiffer les toits des maisons nichées au pied des sucs, le long de la rivière Sumène.
Cette combe était jadis très active : il y avait au moins seize moulins mais hélas ils se sont tus ! Les petits exploitants agricoles, lassés de lutter farouchement pour tirer partie des maigres richesses du sol, ont quitté cette vallée et sont allés extraire les ressources du sous-sol, cette fois, à la mine de Saint-Étienne. Peu à peu, cette campagne s’est dépeuplée laissant la forêt déployer ses
tentacules de verdure et masquer désormais les quelques prairies qui enserrent encore ces monts du Meygal…
Intermédiaire
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